Avant de parler d’orientation, il est essentiel de regarder le monde dans lequel les jeunes vont construire leur avenir.
Selon le Future of Jobs Report 2025 du World Economic Forum, près de 39 % des compétences actuellement recherchées sur le marché du travail évolueront ou deviendront obsolètes d’ici 2030.
À l’inverse, les compétences qui prendront le plus de valeur sont la pensée analytique, la capacité d’adaptation, la curiosité et l’apprentissage tout au long de la vie.
Cette réalité change profondément notre manière d’accompagner les jeunes. L’objectif n’est plus de les préparer à un métier unique, mais de leur donner les ressources pour explorer, faire des choix éclairés, s’adapter et évoluer tout au long de leur parcours professionnel.
L’orientation devient ainsi une compétence à développer, bien plus qu’une décision à prendre une fois pour toutes.
Pourquoi le bilan d’orientation Comcolors s’appuie peu sur les tests métiers ?
Il existe de nombreux tests d’orientation et de tests métiers. Ils peuvent constituer un point de départ intéressant, mais ils ne sont pas, selon moi, le cœur de l’accompagnement.
Première limite : la simplification
Un test donne souvent l’impression qu’il existe une bonne réponse ou un métier qui correspondrait parfaitement à une personnalité.
Or l’orientation est rarement aussi linéaire. Les parcours évoluent, les envies changent, les opportunités se présentent et les métiers eux-mêmes se transforment.
L’orientation est un processus, pas un verdict.
Deuxième limite : la posture du jeune
Lorsqu’un jeune attend le résultat d’un test, il adopte souvent une position passive : il attend qu’on lui dise ce qui lui correspond.
Pourtant, les compétences dont il aura besoin demain sont justement celles qui lui permettront de réfléchir, d’explorer, de décider et de s’adapter par lui-même.
L’objectif des coachs-conseillers d’orientation est donc de développer son autonomie plutôt que de lui fournir une réponse toute faite.
Ce que nous dit la recherche
Cette approche est largement soutenue par les travaux en psychologie de l’orientation.
Le psychologue John Krumboltz, avec sa théorie du Planned Happenstance (« hasard provoqué »), montre que les parcours professionnels se construisent grâce à la curiosité, aux expériences et aux opportunités saisies en chemin, davantage qu’à un plan parfaitement défini avant 18 ans.
De son côté, Mark Savickas décrit la capacité à s’orienter comme une véritable méta-compétence reposant sur quatre dimensions :
- se projeter,
- prendre des décisions,
- explorer les possibles,
- oser passer à l’action.
Ces compétences ne se mesurent pas avec un test ; elles se développent grâce à un accompagnement.
Cela ne signifie pas que les questionnaires sont inutiles. Il peuvent être utiliser pour alimenter la réflexion. Mais ils restent un support d’échange, jamais une conclusion définitive.
